Travailler avec, et non contre, la nature

La souveraineté alimentaire:

  • Optimiser les contributions des écosystèmes
  • Améliorer la résilience

Ce qui suit fait partie d’une série de témoignages sur la Souveraineté alimentaire destiné à servir de point de départ à des discussions. Pour télécharger le feuillet en couleur (pdf) pour imprimer et distribuer, cliquez ici.

La souveraineté alimentaire s’oppose aux modifications génétiques et autres technologies qui minent ou contaminent les systèmes alimentaires locaux.

Dale Beaudoin, Maymont, Saskatchewan

Dale Beaudoin exploite une ferme biologique de 640 acres; il garde 25 vaches et cultive du blé, de l’avoine, du lin, de la bourrache et de la luzerne. En 1999, il a signé un contrat avec un acheteur pour lui fournir du canola certifié biologique, qui interdit les OGM. Au moment de la récolte, des tests effectués sur le canola de Dale ont démontré une contamination par les OGM; l’acheteur n’accepte donc pas sa production. Selon toute probabilité, la contamination provenait de la pollinisation de ses plantes par le canola OGM de son voisin.

Dale était l’un des demandeurs à intenter un recours collectif contre Monsanto et Bayer pour le recouvrement des pertes attribuables à la contamination des champs et des récoltes biologiques par le canola OGM. « Si une grande entreprise peut éliminer l’une de nos principales cultures lucratives, qu’est-ce qui peut les empêcher d’utiliser le même processus pour d’autres cultures? »

  • L’agriculture certifiée biologique interdit l’utilisation des OGM, alors que la règlementation fédérale autorise la libération des OGM dans l’environnement. La politique du gouvernement fédéral favorise activement la biotechnologie, énonçant que l’avenir économique du Canada dépend de la biotechnologie.
  • Les tribunaux n’ont pas encore tranché la question de responsabilité à l’égard des pertes attribuables à la contamination (comme le confirme la Cour suprême du Canada dans l’affaire Hoffman et autre c. Monsanto et autre). Pendant ce temps, les agriculteurs biologiques subissent des pertes attribuables à la contamination, sans compensation.

La souveraineté alimentaire valorise la biodiversité dans la nature et dans les milieux réservés à la production d’aliments comme les fermes.

Cindy, Doug and Natasha, Erickson, Manitoba

Cindy, Doug et leur fille Natasha font partie de la 4e génération d’agriculteurs. Dans leur ferme biologique de 480 acres, on retrouve des animaux, du fourrage et des cultures dont l’ensemble constitue un système autosuffisant et durable. Les fermes familiales de même que les abattoirs à petite et à moyenne échelle et les entreprises de transformation de la viande contribuent à l’essor de l’économie locale. Selon Cindy, « S’il y avait dix fermes comme la nôtre pour assurer la production d’aliments au lieu d’une seule entreprise, ce serait beaucoup plus avantageux. » Au bout du compte, ce n’est pas uniquement l’économie qui en bénéficie; les systèmes d’agriculture mixte atteignent un niveau élevé de biodiversité, assurant ainsi leur capacité de résilience et d’adaptation aux changements climatiques.

  • Les avantages de l’agriculture biologique mixte sont les suivants : réduction des gaz à effet de serre; améliorations de la fertilité du sol; accroissement de la biodiversité; et autres. L’agriculture industrielle – en utilisant des engrais et des pesticides pétrochimiques – émet presque autant de gaz à effet de serre que les véhicules et le chauffage/ la climatisation des maisons confondus.
  • Agri-stabilité est un nouveau programme de subventions au Canada, conçu pour assurer la stabilité du revenu agricole. Toutefois la conception de ce programme encourage les agriculteurs à se spécialiser dans un ou deux produits de base et à passer par la suite à une étape d’industrialisation de leurs méthodes de production; il s’ensuit une diminution de la biodiversité et une augmentation de la taille de la ferme.

La souveraineté alimentaire valorise et renforce les rapports étroits entre les peuples et leur environnement

Larry McDermott et Jeff Beaver, Lanark County, Ontario

Larry McDermott et Jeff Beaver, deux aînés Anishabe, s’occupent depuis des décennies, de la culture du riz sauvage (manomin, qui signifie « don du créateur »). Les méthodes traditionnelles qu’ils utilisent pour faire pousser et récolter le riz sauvage à l’aide de baguettes et de canots sont actuellement transmises à des centaines de familles autochtones grâce à un nouveau programme de formation et de soutien permettant d’élargir l’accès communautaire aux compétences traditionnelles. Le programme de Plenty Canada, Our Traditions Our Future, (Nos traditions, notre avenir), favorise le savoir traditionnel et utilise des méthodes biologiques variées à faible énergie pour la production d’aliments sains. Larry déclare : « Il s’agit de prendre conscience que nous sommes tous liés les uns aux et que nous formons un tout dont il faut prendre soin. Le renforcement de la communauté et de notre environnement naturel me rendent également plus fort. »

  • La gestion traditionnelle du riz sauvage permet de réensemencer une superficie importante des milieux humides, maximisant la résilience des cultures aux espèces envahissantes et assurant ainsi leur survie.
  • La récolte traditionnelle des aliments réduit l’empreinte carbone du Canada et maximise la contribution des divers écosystèmes aquatiques et leurs fonctions utiles pour la Terre, notre mère.