La Souveraineté alimentaire valorise les fournisseurs d’aliments

La Souveraineté alimentaire

  • Soutenir les moyens de subsistance durables
  • Honorer le travail de tous les fournisseurs d’aliments

Ce qui suit fait partie d’une série de témoignages sur la Souveraineté alimentaire destiné à servir de point de départ à des discussions. Pour télécharger le feuillet en couleur (pdf) pour imprimer et distribuer, cliquez ici.

 

La souveraineté alimentaire nécessite une réglementation pertinente à la production et à la transformation des aliments effectuées localement et à petite échelle.

Pearl Ward, Perth, Ontario

Pearl Ward vend des œufs au marché agricole de Perth depuis 1995. En tant que petite agricultrice, elle vend à peu près de 10 à 15 douzaines de boîtes par semaine. Un jour, l’unité sanitaire locale visite le marché; on lui dit que ses œufs doivent être classés. En fait, pas toute sa production (elle vend également des œufs de canard, d’oie, de dinde, de poule naine, et de caille), uniquement ses œufs de poule vendus au marché. Si elle les vend à sa ferme, leur classement n’est pas nécessaire. Selon certains, des œufs classés ne sont pas plus sécuritaires que les œufs non classés; ce qui remet en question l’application des règlements sur le classement par le service de santé publique (ce dernier établit la réglementation pour les Egg Farmers en Ontario qui détiennent le pouvoir de réglementer la production et la mise en marché des œufs de poule dans la province). Notre politique devrait appuyer Pearl, et d’autres fournisseurs d’aliments comme elle et non pas les pénaliser.

  • Les postes de classement d’œufs ne sont pas tous accessibles au public, obligeant les petits producteurs à parcourir un long trajet sans raison valable s’ils veulent avoir accès au marché.
  • Les agriculteurs et les autres fournisseurs d’aliments s’efforcent d’offrir un produit sain et sécuritaire et comprennent l’importance d’une réglementation visant la sécurité du public. Même si les règlements sur la santé doivent reposer sur des principes scientifiques éprouvés, ils doivent être équitables – et non pas privilégier les grandes entreprises.

 

 

La souveraineté alimentaire assure des moyens de subsistance durables.

Terry Farnsworth, baie de Fundy, Nouvelle-Écosse

Un pêcheur à la ligne à main assure sa subsistance grâce à un hameçon et une ligne à pêche; habituellement, il est seul dans son petit bateau. Il y a dix ans à peine, des centaines de pêcheurs dans la région de la baie de Fundy gagnaient bien leur vie en pêchant à la ligne à main.

En 1996, des pêcheurs à la ligne de la baie de Fundy ont obtenu un quota communautaire, et étaient en voie de gérer les pêches eux-mêmes. Ils exploitaient également des marchés locaux et à créneaux en raison de la grande qualité de leur poisson frais. Aujourd’hui tous les pêcheurs à la ligne à main de la baie de Fundy – en fait de toute la Nouvelle-Écosse – sont disparus. Il n’y a plus de poisson de fond dans la baie de Fundy. Dans tout le Canada atlantique, les stocks de poisons de fond ont été décimés par les pratiques destructrices des flottes de pêche commerciale; un mode d’exploitation largement appuyé par les politiques fédérales sur les pêches.

Produit dans les années 1980, le Rapport Kirby sur l’avenir des pêcheries de l’Atlantique élabore des plans visant l’industrialisation de la pêche au profit des grands chalutiers en haute mer et qualifiant la pêche côtière de « création d’emplois en trompe-l’œil ». Même si Kirby affirmait qu’il y aurait toujours de la morue, cette dernière a disparu après une dizaine d’années d’utilisation à grande échelle des chalutiers. Cette situation illustre très bien les conséquences des politiques agricoles du gouvernement. La destruction des terres prendra juste un peu plus de temps.

  • Les politiques fédérales et provinciales ont accordé d’une manière soutenue des subventions favorisant le développement de l’exportation industrielle à grande échelle, tout en négligeant celui des marchés directs et locaux.
  • En février 2009, lors de la réunion du Comité des pêches de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Canada était l’un des deux pays à refuser que la protection des pêches à petite échelle devienne l’une des priorités de la FAO.