La Souveraineté alimentaire remet le contrôle à l’échelle locale
La souvereraineté alimentaire:
- Remettre les guides entre les mains des fournisseurs d’aliments locaux
- Reconnaître le besoin d’habiter et de partager les territoires
- Rejeter la privatisation des éléments naturels
Ce qui suit fait partie d’une série de témoignages sur la Souveraineté alimentaire destiné à servir de point de départ à des discussions. Pour télécharger le feuillet en couleur (pdf) pour imprimer et distribuer, cliquez ici.
La souveraineté alimentaire nécessite des formes de gouvernance alimentaire à laquelle participent la société civile, les producteurs et les consommateurs.
Wayne Roberts, gérant du Conseil de la politique alimentaire de Toronto, Toronto, ON
Selon Wayne Roberts, gérant du Conseil de la politique alimentaire de Toronto (CPAT), « Le CPAT veille à ce que la sécurité alimentaire et la politique alimentaire de la communauté fassent partie du programme d’action municipal à Toronto. Ce Conseil, établi en 1991, est une tribune où les questions liées à la politique alimentaire font l’objet de discussions, d’une intégration et d’une intervention possibles dans ce domaine; trop souvent ces questions passent entre les mailles du filet des spécialités de recherche et des organismes municipaux existants. Les 30 membres du CPAT appuient les résultats des programmes ayant un but commun, celui d’assurer un accès équitable à l’alimentation, à la nutrition, au développement communautaire et à la santé environnementale; ils agissent comme lobbyistes professionnels pour défendre les intérêts de la population en matière d’alimentation et des questions qui s’y rattachent.
Le Conseil est libre de prendre ses propres décisions sur les questions relatives à la politique alimentaire. Le personnel du CPAT est à l’emploi du Bureau de santé publique de Toronto dont il relève directement. Cette formule a suscité l’intérêt des organismes communautaires de santé publique, de sécurité alimentaire et d’agriculture durable dans le monde entier. »
- Le CPAT a défendu la Toronto Food Charter (Charte alimentaire de Toronto), une déclaration des droits des citoyens et des responsabilités du gouvernement, qui établit les normes de la sécurité alimentaire pour les municipalités à l’échelle du Canada. Partout au Canada, des municipalités et des provinces ont adopté des chartes alimentaires.
- Le CPAT a fondé le groupe Rooftop Garden Resource visant la recherche et la promotion de l’industrie des toits verts au Canada.
La souveraineté alimentaire exige le respect de la souveraineté des autres nations et de leur culture.
Bernice August Heather, Salmon Arm, Colombie-Britannique - Secwepemcul'ecw (la terre des Shuswap)
« Avant que l’on me sépare de ma famille et me force à aller dans un pensionnat indien à l’âge de 5 ans, je garde le souvenir de tous les aliments traditionnels qu’utilisait ma famille. Je me rappelle des endroits où nous trouvions noisettes, racines de cèdre, baies sauvages, légumes verts et racines. Nous avions aussi une ferme. Sle7e (grand-père) possédait un très grand jardin avec 9 arbres fruitiers, des poulets et des bovins. Je me souviens qu’il n’existait pas de réserves ni de frontières. Nous circulions librement sur nos terres pour récolter nos aliments à la grandeur de notre territoire traditionnel. La vie au grand air nous procurait un équilibre physique, spirituel et émotif. Nous avions du saumon sauvage et des quantités de viande de cerf sauvage. Notre famille se rendait au Lac Woods pour aller pêcher le saumon rouge; elle n’y va plus maintenant parce qu’il est contaminé.
Au pensionnat, on nous servait une nourriture médiocre : du ragoût très dilué, de la viande tendineuse et du gruau liquide et gluant. Les religieuses dédaignaient notre nourriture traditionnelle et même s’en moquaient; elles disaient qu’elle puait et était défendue. »
- On a détourné les peuples autochtones de leur système traditionnel des terres et des aliments; un grand nombre d’entre eux vivent en milieu urbain et ont difficilement accès à des aliments traditionnels, entraînant des problèmes de santé.
- Les systèmes autochtones de gestion des terres et de production d’aliments procurent une abondance d’aliments traditionnels et locaux au sein des limites naturelles de chaque nation autochtone. Cependant en imposant des frontières aux réserves, le gouvernement a restreint leur capacité de se procurer des aliments traditionnels.
La souveraineté alimentaire rejette la privatisation de la vie et les politiques qui permettent aux entreprises d’en tirer profit.
Dan Jason, Salt Spring Island, Colombie-Britannique
Dan Jason exploite le Salt Spring Seeds, une banque de semences spécialisée dans la culture de fèves et de céréales – que l’on peut cultiver dans son potager. « Tout comme les semences, dit-il, les fèves et les céréales assurent le lien entre le passé et le futur, et alimentent le rêve d’une planète où tous vivent en paix, en santé et dans la joie. Actuellement, en cherchant à s’approprier de toutes les semences, l’agriculture commerciale brise ce cycle de la vie. Et je me dis : ″Allons-y pour la gloire″. » La Seed and Plant Sanctuary à Salt Spring Island est une banque de semences communautaire; cette réserve s’emploie à conserver, à évaluer et à consigner toutes les cultures comestibles, médicinales et utiles pouvant pousser au Canada. En tant que réserve, elle collabore avec les jardiniers et les conservateurs de semences dans tout le Canada et ailleurs, pour protéger, échanger, et maintenir les semences comme bien public.
- Une poignée d’entreprises, sous la férule de Monsanto et Dupont, ont pris le contrôle de la majeure partie du marché mondial des semences, notamment les principales cultures commerciales de maïs, de soja, et de canola.
- La privatisation des semences en Amérique du Nord s’est faite de trois manières :
- Juridique : législation sur la Protection des obtentions végétales et les brevets sur les formes de vie, ce qui comprend les semences.
- Biologique : hybridation et génie génétique, ce qui rend difficile voire impossible la reproduction des semences.
- Réglementaire : cadre élaboré par le gouvernement visant à faciliter la prise de contrôle par les entreprises grâce à des contrats privés avec des agriculteurs (par ex., accords relatifs à l'utilisation des technologies).
