Localiser le système alimentaire
La souveraineté alimentaire:
- Réduire la distance entre les fournisseurs d’aliments et les consommateurs
- Rejeter le dumping et l’aide alimentaire mal adaptée
- Résister à la dépendance envers les sociétés distantes et irresponsables
Ce qui suit fait partie d’une série de témoignages sur la Souveraineté alimentaire destiné à servir de point de départ à des discussions. Pour télécharger le feuillet en couleur (pdf) pour imprimer et distribuer, cliquez ici.
La souveraineté alimentaire nécessite des politiques qui favorisent la production d’aliments nutritifs destinés à la population locale.
Fred Sauriol, Saint-André-d’Argenteuil, Québec
Fredéric Sauriol est agriculteur depuis 14 ans; sa ferme est située juste au nord de Montréal près de Saint-André-d’Argenteuil où il cultive plus de cinquante variétés de fruits et de légumes biologiques. Depuis 1995, Fred vend des paniers biologiques aux familles de Montréal dans le cadre du programme Agriculture soutenue par la communauté (ASC) géré par Équiterre. « Grâce au programme ASC, je peux vivre de l’agriculture écologique et avoir accès à un marché, ce qui me permet des surmonter ce facteur si limitant. Les consommateurs paient leurs paniers au début de la saison de croissance, ainsi je couvre mes frais et je m’assure en quelque sorte un revenu stable. » Pourtant, malgré des années de dur labeur et de longues heures consacrées à bâtir une entreprise solide, Fred continue à s’endetter un peu plus chaque année afin de poursuivre ce travail auquel il croit tellement.
- Depuis au moins les 40 dernières années, la politique agricole du Canada a favorisé la production industrielle à grande échelle et les marchés d’exportation. Le maintien du mazout à un bas prix a subventionné le transport des aliments à des milliers de kilomètres.
- Au cours des 40 dernières années, le Québec a vu disparaître 60 000 fermes, ce qui représente un défi de taille pour le marché en pleine croissance des aliments produits localement.
- L’âge moyen d’un agriculteur est de 52 ans.
La souveraineté alimentaire soutient les infrastructures favorisant un système alimentaire local.
David Gilbert, BC (ce personnage fictif représente différents cas individuels)
David Gilbert a débuté l’abattage de ses animaux pour nourrir sa famille. « Les gens ont commencé à me demander d’abattre aussi leurs animaux, explique David, ce qui m’a obligé à apprendre comment débiter toute la gamme d’espèces élevées dans ma communauté. Il s’agissait en grande partie d’abattage sur commande (non destiné à la vente, mais les familles procédaient naturellement à des échanges d’une ferme à l’autre). Très tôt, je me suis rendu compte que je devais agrandir ma petite installation et je me suis procuré une deuxième glacière et un plancher d’abattage particulier à une espèce afin d’assurer la salubrité des aliments. Ça marchait très bien jusqu’à ce que la nouvelle réglementation rende toute mon entreprise illégale et je ne voyais pas comment je parviendrais à absorber les coûts pour satisfaire à ces nouveaux règlements gouvernementaux. » David a dû se résigner à fermer son abattoir après 40 ans de loyaux services au sein de sa communauté agricole, laissant ses voisins sans autre choix dans leur région. Soucieux de ne pas stresser leurs animaux et d’éviter des frais, de nombreux agriculteurs ont tout simplement cessé de garder des animaux.
- Les règlements, « économies d’échelle », et coûts liés à l’élimination des déchets ont provoqué la disparation de l’abattage familial partout au Canada. Plus de 80 % des petits abattoirs locaux de la C.-B. ont fermé leurs portes.
- Les grandes usines sont rarement prêtes à faire de « l’abattage sur commande » – alors, soit les gens ne peuvent tout simplement pas faire abattre leurs animaux, soit ils risquent d’obtenir la carcasse d’un tout autre animal.
- Il a été prouvé que des cas de maladies d'origine alimentaire à la suite d’abattage proviennent presque exclusivement des grandes usines et non pas des petits abattoirs ou des abattoirs familiaux.
