Une alimentation saine pour tous

Ce qui suit fait partie d’une série de témoignages sur la Souveraineté alimentaire destiné à servir de point de départ à des discussions. Pour télécharger le feuillet en couleur (pdf) pour imprimer et distribuer, cliquez ici.

Mettre l’accent sur une alimentation saine pour tous:

  • Placer le besoin d’aliments de la population au coeur des politiques
  • Insister sur le fait que la nourriture est plus qu’un bien de consommation

 

La souveraineté alimentaire reconnait l’importance d’une saine alimentation autant pour la santé de la communauté que de la personne.

René, Toronto, Ontario

« Je m’appelle René. Je suis une mère célibataire ayant deux enfants; je souffre de déficiences multiples, et je milite pour la sécurité alimentaire en Ontario. Je dénonce la pauvreté et tout ce qui empêche tant de personnes de ma communauté d’accéder à des aliments nutritifs, nécessaires pour être en santé. Il n'en a pas toujours été ainsi. Avant de m’impliquer dans le Stop Community Food Centre, je me sentais isolée et déprimée. Non seulement le centre Stop m’a procuré de la nourriture saine, mais il m’a aidée à m’épanouir. Mon travail consiste maintenant à orienter d’autres membres de la communauté vers les services dont ils ont besoin, à participer à l’organisation d’événements, à lutter contre la pauvreté et à améliorer l’accès à une alimentation saine en Ontario. Travailler dans le domaine de la sécurité alimentaire, c’est aussi essentiel pour mon équilibre social, émotif, physique et spirituel que d’avoir accès à des aliments nutritifs. »

  • En 2004, 1,1 million de ménages canadiens ont vécu dans une insécurité alimentaire allant de modérée à grave.
  • Le deuxième plus grand groupe d’utilisateurs de banques alimentaires (13,1 %) au Canada est composé de personnes ayant un emploi. En raison de bas salaires, ils ne sont pas en mesure de satisfaire à leurs besoins fondamentaux et à ceux de leurs familles, malgré un emploi à plein temps.
  • Les familles à faible revenu ont une santé déficiente, autant à court qu’à long terme, en raison d’une insécurité alimentaire.

La souveraineté alimentaire donne priorité à l’alimentation des peuples plutôt qu’à des fins industrielles.

Kalissa Regier, Laird Saskatchewan

La production industrielle à grande échelle de carburant à partir de cultures constitue un affront à la souveraineté alimentaire. On a surnommé les « agrocarburants» un crime contre l’humanité. Néanmoins, de nombreux gouvernements ont fixé des cibles exigeant un contenu de biocarburants dans l’essence et le diesel, convaincus que cette mesure constituait un moyen efficace de contribuer à la réduction des gaz à effet de serre.

Dans le sud, il s’en est suivi une déforestation et l’expulsion des fermes familiales pour faire place à la monoculture à grande échelle. Kalissa Regier, leader dans l’Union nationale des fermiers et membre du mouvement international la Via Campesina, déclare : « Les cultures d’agrocarburants remplacent un fort pourcentage de la production alimentaire. Il existe 1,5 milliard d’hectares de terre arable dans le monde, et on utilise actuellement 10 % – 120 millions d’hectares – de ces terres pour cultiver des agrocarburants. »

  • Le projet de loi C-33 (adopté en 2008) modifie la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, en exigeant une moyenne de 5 % de contenu renouvelable dans l’essence d’ici 2010, et un contenu de 2 % de biodiesel dans le diesel et l’huile à chauffage d’ici 2012. La nouvelle loi bénéficie de subventions totalisant 2,2 milliards de dollars.
  • L’éthanol ne donne pas d’aussi bons résultats que l’essence ordinaire; ses émissions ne sont pas moins polluantes, et les biocarburants contribuent à la déforestation et aux émissions de gaz à effet de serre massives.
  • Les agrocarburants sont en partie responsables de la hausse de prix des aliments de base, qui a doublé et même triplé à l’échelle mondiale, provoquant une intensification de la faim.

La souveraineté alimentaire est une politique publique judicieuse.

Carlos Henrique, Belo Horizonte, Brésil

Carlos Henrique est le directeur du Restaurant populaire dans la ville de Belo Horizonte au Brésil. Il est un fonctionnaire et met en œuvre la politique agroalimentaire de la ville, laquelle consiste notamment à exploiter des restaurants qui offrent des repas santé à très bas prix. Un repas typique composé de riz, de haricots, de viande, de légumes, de salade, d’un fruit (ou d’un jus) coûte 1 BRL (environ 0.45 $US). Les trois restaurants ouverts actuellement servent plus de 15 000 repas par jour. Carlos explique :
“Notre secret, c’est d’avoir une éthique de travail, du respect pour la population que nous servons, une philosophie de travail axée sur les plus démunis de la ville, qui n’ont jamais eu accès ou droit à quoi que ce soit… Nous voulions présenter quelque chose de nouveau, quelque chose qui, sur le plan social et démocratique, serait à l’avant-garde... Nous voulions prouver au pays que c’était possible de réaliser un tel projet, une entreprise publique bénéfique ».

De fait, Belo Horizonte a résolu le problème de la faim dans la ville. On remarque :

  • Une baisse de 75 % de malnutrition grave chez les enfants entre 1993 et 1998.
  • Une baisse de 72,6 % du taux de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans. entre 1993 et 2005.
  • Une baisse de 59,2 % du taux de mortalité infantile entre 1993 et 2005.