La Souveraineté alimentaire développe le savoir et les compétences

Ce qui suit fait partie d’une série de témoignages sur la Souveraineté alimentaire destiné à servir de point de départ à des discussions. Pour télécharger le feuillet en couleur (pdf) pour imprimer et distribuer, cliquez ici.

 

La Souveraineté alimentaire:

  • Tire profit des savoirs traditionnels
  • Utilise la recherche pour appuyer ces savoirs et les transmettre aux futures générations
  • Rejete les technologies qui minent ou contaminent les systèmes alimentaires locaux

 

La souveraineté alimentaire nécessite que les générations plus âgées transmettent leur savoir et leurs compétences aux jeunes générations.

 Elizabeth Penashue, Sheshatshui, Labrador

« Je suis une femme innue et je vis à Sheshatshui au Labrador. Depuis de nombreuses années, je consacre ma vie à protéger l’environnement pour mes enfants et mes petits-enfants. Durant 13 ans, j’ai organisé à l’intention de mon peuple, des excursions en canot et des randonnées en raquettes au printemps. Rien ne m’arrête car notre culture attache tellement d’importance au « nutshimit » (la forêt/la nature). Avant de partir vers l’autre monde, je veux constater des changements, je veux venir en aide à mon peuple et instruire mes enfants. Je ne veux pas qu’ils perdent leur identité, leur culture et leur vie innues. » Au cours de ces promenades, Elizabeth et ses compagnons vivent dans la nature et les jeunes apprennent à chasser et à apprêter leur nourriture.

  • Peuple nomade, les Innus ont été expulsés de force de leurs terres (Nitassinan) dans les années 1950 afin de permettre l’exploitation minière et l’aménagement hydro-électrique.
  • Se départir de leurs terres et par conséquent de leur culture et de leur régime traditionnel, et subir des conditions de vie terrible dans les villages ont provoqué des nombreux problèmes sociaux et de santé que l’on observe aujourd’hui.
  • Les vols d’entraînement à basse altitude de l’OTAN au-dessus du territoire innu ont eu des répercussions néfastes sur la population et les animaux dont ils dépendent pour se nourrir, notamment le caribou.

 

La souveraineté alimentaire mise sur le savoir et les compétences et les valorise.

Sri Sethuratnam, Guelph, Ontario

« J’ai immigré au Canada avec ma famille en mai 2004, espérant que mon diplôme en  génie agricole, mes années d’expérience en gestion de programme et une vie consacrée à l’agriculture m’avantageraient sur le marché du travail canadien (compte tenu que le génie agricole jouit d’une cote élevée dans la liste des compétences souhaitées d’Immigration Canada). Malgré mon désir d’œuvrer dans le secteur agricole, ici au Canada, je me suis vite aperçu que c’était presque impossible pour quelqu’un comme moi d’y parvenir à moins que je veuille bien vendre des pesticides ou des semences. Après avoir obtenu ma maîtrise en conseil agricole à l’Université de Guelph, j’ai pu obtenir un emploi chez FarmStart. Maintenant, j’aide les nouveaux immigrants à faire ce que je n’ai pas pu faire – entamer une nouvelle carrière en agriculture ici au Canada. »

  • Les règles d’immigration canadiennes ne tiennent pas compte de l’utilisation des connaissances et des compétences qu’un immigrant apporte au Canada.
  • Depuis les 40 dernières années, la politique relative à l'industrialisation des fermes s'est traduite par la déqualification des agriculteurs. Au lieu de prendre des décisions au sujet de la rotation des cultures, l'utilisation des terres, de la jachère, etc., et bon nombre d'entre eux se limitent maintenant à l'ajout d'engrais et de pesticides, minimisant leur relation à la terre.
  • Des organismes de la société civile tentent de rétablir cet équilibre en formant de nouveaux agriculteurs.