Étude sur l'impact des OGM: des pesticides dans le sang
Publié le 20 avril 2011 à 05h00
Claudette Samson - Le Soleil
(Québec) Une étude indépendante réalisée à Sherbrooke auprès de fem mes en ceintes, de leurs foetus et de femmes non enceintes révèle la présence de résidus de pesticides issus d'aliments trans géniques dans le sang de chacun de ces groupes.
Sans vouloir alerter outre mesure la population, l'auteur conclut à la nécessité de poursuivre les analyses d'impact des organismes génétiquement modifiés (OGM) sur les humains. Professeur-chercheur au département de gynécologie-obstétrique de la faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke, Aziz Aris s'intéresse particulièrement à la toxicité d'origine environnementale sur les foetus et les mères. Or, dit-il, l'impact des OGM a été abondamment testé sur les animaux, mais jamais sur les humains. C'est la première fois que la présence de résidus de pesticides d'OGM dans le sang des femmes est démontrée.
Il a fallu trois ans au chercheur pour mettre au point la méthodologie de détection. La recherche a porté sur deux groupes de plantes transgéniques les plus utilisées : celles qui produisent elles-mêmes un pesticide (toxine Bt) et celles qui résistent aux pesticides appliqués autour d'elles pour tuer la compétition végétale.
Le groupe cible était formé de 69 fem mes, dont 30 enceintes, ayant une alimentation typique des personnes vivant en zone industrialisée. Toutes étaient des citadi nes de Sherbroo ke, et aucune ne travaillait avec des pesticides ou n'avait de rapport étroit avec la cam pagne ou un fermier. C'est d'ail leurs ce tri serré qui explique le nombre restreint de participantes, expliquait hier le chercheur en entrevue téléphonique. Le sang des foetus a quant à lui été prélevé sur le cordon, dès la naissance.




