Agriculture: enjeu inexistant
Publié le 16 avril 2011 à 05h00 - Claudette Samson - Le Soleil
(Québec) De toute évidence, l'agriculture n'est absolument pas un enjeu dans la présente campagne électorale. À croire que nourrir le monde n'est pas important, déplorent ceux qui la pratiquent.
Malgré leurs divergences idéologiques, tant le président de l'Union paysanne (UP) que celui de l'Union des producteurs agricoles (UPA) font le même constat : l'agriculture n'est aucunement source de préoccupation pour les politiciens.
En 1955, 25 % de la population québécoise vivait de la terre, observe Benoît Girouard, président de l'UP. Aujourd'hui, on parle de 1,2 %. Cela explique à son avis la disparition de cette activité économique du discours politique. Pourtant, estime Christian Lacasse, de l'UPA, notre capacité à nourrir le monde est aussi importante que la santé ou l'éducation. Importante pour ceux qui produisent, qui doivent pouvoir vivre décemment, et importante pour les consommateurs, qui doivent pouvoir compter sur des denrées de qualité. «Qu'ils interpellent donc les 400 000 personnes qui ne mangent pas à leur faim au Québec pour savoir si l'alimentation est importante pour eux!» s'exclame-t-il avec dépit.




